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Images de confréries religieuses de Paris et de l’Île-de-France (16e-20e s.)

Estampes

Bibliothèque historique fermée. Réouverture le 11/12/2017

Date : 24/07/2015

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La Bibliothèque historique acquit en 1987 du libraire et collectionneur d’imagerie populaire Louis Ferrand (1908-1997) un rare ensemble de près de 250 images de confréries. Ces petites affiches, parfois touchantes, souvent naïves, étaient émises par un groupe de personnes généralement  issues d’une corporation de métier rassemblées autour d’un saint protecteur, s’étant fixé des buts de piété collective et d’assistance sociale. Les acheteurs les fixaient aux murs de leur boutique ou de leur logement.


Œuvres d’art populaire, elles forment une source magnifique pour l’histoire des mentalités religieuses. L’ensemble renferme, à côté des images de confrérie proprement dites, des « placards » (affiches) d’indulgences assurant de la remise d’années de purgatoire, quelques listes de membres de confréries, et quelques images pieuses individuelles. Les artistes dessinateurs ou graveurs y sont tantôt illustres (Léonard Gaultier, Sébastien Le Clerc, Charles Eisen), tantôt oubliés, et une grande partie des planches est anonyme. En ce qui concerne les éditeurs, on retrouve des grands producteurs d’images populaires comme la famille Basset. Les techniques varient, de la gravure sur bois ou sur cuivre à la lithographie, la couleur y apparaît parfois, imprimée ou coloriée à la main. Mais les images elles-mêmes varient peu, et sont rééditées ou recopiées à l’identique pendant des siècles parfois.


La collection présente la diversité des grands saints patrons des confréries de métiers, et on peut s’amuser à relier saints et corporations en identifiant sur l’image les attributs du saint et les outils présentés : Fiacre et sa bêche, Vincent et son pressoir, ou à redécouvrir des saints oubliés : Caprais, Leu et Gilles, Clair et Léger.

 

 

 Se détache particulièrement de cet ensemble un dessin inédit de Grégoire Huret, préparatoire à une gravure de Nicolas Picart de 1658 représentant un des autels de l’église de l’ex- couvent des Capucins Saint-Honoré (à l’emplacement des rues de Castiglione et Cambon). La petite Vierge en manteau au centre, dite Notre Dame de la Paix, est une statuette jugée miraculeuse, commentée dans la "Description de Paris" de Piganiol de la Force (Paris, 1742, t.II, p.416) : « L'Abbé de Marolles, dans ses Mémoires, page 153 & page 154 dit que la superstition s'attacha à une petite Image de la Vierge, qui étoit contre une muraille , dans la rue saint Honoré , auprès du Couvent des Capucins ; de sorte, dit-il, qu'on y venoit de toutes parts, & des gens y faisoient des Pelerinages pieds nuds, & passoient des journées entieres à genoux devant elle. Mais qu'enfin les Peres Capucins l'ôterent de-là par ordre de l'Archevêque de Paris, la mirent dans une des Chapelles de leur Eglise. » Elle est surmontée d’un certain nombre d’objets donnés en ex-voto (bras, jambes, têtes, poupon emmailloté – de plâtre ?) évoquant les guérisons dues à la figure. On retrouve au-dessus deux anges à grandes ailes comme sur Le Flambeau du juste, frontispice dessiné par Huret en 1643 pour une publication dévote d’un capucin.

  

 

Louis Ferrand, auquel nous sommes redevables de la constitution de ce rare ensemble, avait lui-même racheté à Julien Renaux, imprimeur libraire à Châlons-sur-Marne, la collection de l’abbé Jean Gaston, historien et iconographe, collectée à la fin du XIXe siècle et publiée dans le premier catalogue existant sur le sujet. Grand connaisseur d’images populaires, Louis Ferrand publia de nombreux articles dans la revue Le Vieux papier de 1956 à 1983. Il organisa en 1977 à la Bibliothèque historique l’exposition "L’Imagerie parisienne" qui fit découvrir les vues d’optique, les plateaux de jeux de loto et de cris de Paris et les placards d’événements marquants, et dans laquelle apparaissait un premier choix d’images de confrérie. L’acquisition de sa collection donna lieu à une exposition particulière en 1991, et ce premier travail fut suivi d’un complément d’inventaire en 1999 par les mêmes auteurs José Lothe et Agnès Virole, où le regroupement par saints patrons permettait « de juxtaposer les dévotions parisiennes et provinciales et d’en comparer les techniques, l’expression et l’évolution iconographiques » (p. 5).

L’ensemble des images des confréries parisiennes de la collection Louis Ferrand, numérisé par la Parisienne de Photographie, est désormais consultable en ligne.