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Les boutiques parisiennes en cartes photographiques

Cartes photographiques

Bibliothèque Historique de la Ville de Paris

Date : 21/06/2017

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(Illustration : Marchand de cartes postales, photographies. 1905-1915)

 

La Bibliothèque historique conserve plus de 1 500 cartes photographiques prises entre 1900 et 1940 représentant des boutiques parisiennes. Achetées en 2000 et 2001 au collectionneur Jean-Louis Celati, elles ont été récemment cataloguées et numérisées.

 

Alors que les cartes postales sont imprimées en nombre selon le procédé de la photogravure ou de la phototypie, les cartes photographiques sont quant à elles de véritables tirages gélatino-argentiques, réalisés par des photographes de rue sur du papier dont le verso pré-imprimé est destiné à la correspondance postale, alors très en vogue. Ces cartes photographiques sont faites sur commande de particuliers, de commerçants ou d’artisans et proposent des scènes de vie quotidienne qui diffèrent des sujets proposés par les cartes postales. Les personnages représentés sont les vrais sujets de ces images, s’y dévoilent dans leur vie de tous les jours, le plus souvent sur leur lieu de travail.

 

 

 Boucherie, charcuterie. 1908

 

On y croise des manouvriers (égoutiers, tailleurs de pierre, peintres en bâtiment, déménageurs…), des employés (chauffeurs de bus, nourrices, livreurs, postiers…) ou des boutiquiers et leur personnel (brocanteurs, cafetiers, crémiers, charcutiers, restaurateurs, pharmaciens, coiffeurs, bouchers…). Quelques photographies ont été prises lors des fêtes qui rythment la vie de Paris au début du XXe siècle comme le défilé du carnaval ou à l’occasion de foires. D’autres sont plus anecdotiques mais précieuses pour un historien du vêtement : par exemple, des enfants sur le seuil d’une imprimerie, des policiers devant leur commissariat ou une petite fille en robe de communiante. Certains clichés de cardeuses de matelas ou de forts des Halles ne sont pas sans évoquer ceux du photographe Atget toujours actif dans les années 1900-1910. On note d’ailleurs qu’une typologie se dessine entre les « petits métiers » ambulants, vestiges des siècles passés, les étals immuables des marchés ou des Halles, incontournable « ventre de Paris », et puis ces métiers en métamorphose, enclins à la modernisation, comme les hôtels ou les commerces de bouche.

 

 

On pose en tenues de travail, devant sa boutique, en famille ou avec les employés. Ces derniers peuvent vanter le savoir-faire de leur patron : devant la boutique d’un chapelier, toutes les femmes posent la tête couverte. L’abondance de personnel ou de marchandises évoque inévitablement l’image d’un commerce florissant, comme pour cette crémerie. Certaines cartes ne reproduisent que les devantures des boutiques cossues, permettant une étude esthétique de ces lieux aujourd’hui pastichés. On y voit aussi, parfois, les clients.

Les classes laborieuses, passées sur les bancs de l’école de la TroisièmeRépublique, s’approprient ce moyen de communication. La carte photographique délivre ainsi succinctement aux familles éloignées le quotidien d’un fils ou d’une fille, placés très jeunes en apprentissage dans la capitale, parfois même représentés sur la carte, aux côtés de ses patrons.