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Les féministes et la prostitution : documents numérisés

Exposition

Bibliothèque Marguerite Durand

Date : 07/04/2017

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Illustration : carte postale de la série L’Entôlage d’Emile Bernard (vers 1900)

 

Présentée pour accompagner la conférence faite à la bibliothèque le 16 mars par l’historienne Christine Machiels, autour de son livre Les féminismes et la prostitution (1860-1960), cette exposition propose de découvrir une sélection de documents issus de nos collections sur ce thème : affiches, brochures, statuts d’associations, photographies, cartes postales, lettres autographes…

Souvent désignée comme « le plus vieux métier du monde » et comme un « mal nécessaire », la prostitution fait depuis le 19e siècle l’objet d’un débat public entre réglementaristes et abolitionnistes

 

Affiche annonçant un meeting en faveur de l’abolition de la réglementation (1927)

 

 

 En France, le réglementarisme s’impose progressivement à partir de 1800 : la prostitution est tolérée à condition qu’elle respecte les règles imposées par l’État, sous le contrôle de la police des mœurs. Enregistrées à la préfecture de police, les prostituées exercent à domicile ou en maisons closes(ou maisons de tolérance) et doivent se soumettre à des visites médicales dans un but prophylactique, afin de préserver les clients du redoutable « péril vénérien ». Lorsqu’elles-mêmes sont contaminées, elles sont enfermées dans des hôpitaux-prisons, comme Saint-Lazare à Paris. Celles qui ne sont pas enregistrées – les « insoumises »-  sont traquées par la police, fréquemment arrêtées et incarcérées.

 

Affiche à propos de la syphilis

 

 

Dès le milieu du 19e siècle, le mouvement abolitionniste lutte contre le réglementarisme. Féministes et philanthropes militent contre une « institution qui déshonore le pays », et officialise l’asservissement des femmes et la double morale. En 1875, l’anglaise Josephine Butler fonde à Genève la Fédération abolitionniste internationale et lance une grande croisade à travers l’Europe. En France, les féministes Isabelle Bogelot, Ghénia Avril de Sainte-Croix et Marcelle Legrand-Falco consacrent une grande part de leur action à cette cause, en fondant des organisations et en ouvrant des maisons d’accueil pour la réinsertion des prostituées.

 

Carte postale suffragiste illustrée par Suzanne de Callias

 

 

Carte postale de l’Association catholique internationale des œuvres de protection de la jeune fille

 

 

Des associations catholiques et philanthropiques créent des œuvres et des lieux destinés à la « protection de la jeune fille ». En 1946, la loi dite Marthe Richard met fin à la prostitution réglementée et aux maisons closes.

 

Aujourd’hui, le débat reste vif entre les partisans d’une prohibition de la prostitution ou de la pénalisation des clients et les « travailleurs du sexe », qui militent pour la reconnaissance d’un « métier comme un autre ».

 

Photo de l'exposition "Les féministes et la prostitution" à la Bibliothèque Marguerite Durand