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Les revues réunies par Marie-Louise Bouglé

Journaux et revues

Bibliothèque Historique de la Ville de Paris

Date : 21/06/2017

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Illustration : La Femme et l’enfant, n°143, 15 septembre 1924 - Voir l'image >>

 

La Bibliothèque historique vient d’achever le catalogage des journaux et revues de la bibliothèque de Marie-Louise Bouglé portant sur la femme et le féminisme.

 

Marie-Louise Bouglé, née en 1883 dans la Mayenne, 11e enfant d’une famille de briquetier, reçoit une instruction légère chez les religieuses de Vitré. Orpheline à l’âge de 15 ans, elle doit gagner sa vie et part travailler à Paris où elle exerce comme vendeuse, puis sténodactylographe tout en suivant des cours du soir et en assistant à des conférences sur le monde des femmes au travail et sur le féminisme.

 

En 1910, elle adhère à l’Union pour le suffrage des femmes, puis aux Jeunesses laïques et républicaines. Son zèle et sa motivation sont vite remarqués, et on lui confie la gestion de la bibliothèque de ce mouvement.

 

En 1917, elle s’engage dans le syndicalisme. Ses revendications sont claires : À travail égal, salaire égal.

 

Après la guerre, elle continue à étudier la question du féminisme, en fréquentant les bibliothèques de Mme Vincent (à Asnières) ou celle de Mlle Belmant.

 

Puis, elle décide de constituer elle-même LA bibliothèque du féminisme. André Mariani, son futur mari, essaye de l’en dissuader, car ses moyens financiers sont limités, mais rien n’y fait. Aussi, le soir, après son travail, elle arpente les quais et les libraires de la rue de Seine à la recherche de documents sur les femmes qu’elle entrepose et répertorie dans une chambre de la rue des Messageries (10e arr.). Persévérante et motivée, elle ne s’accorde aucune sortie, aucune soirée au théâtre ou au concert. Elle économise sur sa garde-robe. Henriette Sautet, dans Une apôtre sociale, Marie-Louise Bouglé (éditions Jean-Renard, 1937), écrit qu’elle garda huit années la même jupe !

 

Au fil de ses visites chez les bouquinistes, elle met la main sur des documents d’anciennes féministes comme Hubertine Auclert ou Caroline Kauffmann ; elle rencontre d’autres militantes de son époque comme Marguerite Durand. Si bien qu’en 1923, sa bibliothèque est riche de 12 000 documents (livres, périodiques, brochures, dossiers de presse, archives et manuscrits). Dorénavant, elle se consacre à temps plein à sa bibliothèque, reçoit les visiteurs, les journalistes. Plusieurs articles paraissent sur elle et sur sa bibliothèque, dans Le Mouvement féministe du 27 juin 1924 (Le Mouvement féministe), le Paris-Soir de mai 1925 ou le Minerva du 14 mai 1933 (Minerva).

 

Elle est connue au-delà des frontières, en Amérique du Nord notamment.

 

Devant ce succès, et par manque de place, elle déménage dans une maison du 13e arrondissement en 1933. Son mari est plus coopératif ; il installe les rayonnages et tapisse les murs ! Marie-Louise Bouglé est comblée, mais rêve de plus grand encore. « Je rêve d’une bibliothèque qui, par son importance, deviendrait nationale ».

Atteinte d’une maladie grave en 1936, elle meurt le 13 juin, préparant jusqu’à la fin de grands projets pour sa chère bibliothèque.

 

 

La Dactylo parisienne, n°1, 6 juillet 1925

 

André Mariani lègue la bibliothèque de sa femme à la Bibliothèque historique en 1946.

 

Les 336 titres de périodiques de ce fonds sont maintenant signalés au catalogue. De nombreux titres portent sur la femme et l’enfant, le travail des femmes (ouvrières, sages-femmes, etc.), les droits de la femme, mais aussi sur le sport féminin, les femmes et le pacifisme, etc. Certains sont très rares comme la Lutte féministe : organe unique et rigoureusement indépendant du féminisme intégral(1919)ou les Intérêts du foyer(1924), ou en collection étendue comme La Française : journal de progrès féminin (1906) de 1910 à 1940 (soit 787 numéros). Marie-Louise Bouglé avait aussi réussi à collecter quelques titres étrangers reflétant la condition de la femme en Suède, en Italie, en Suisse, ou aux Etats-Unis.

 

 

La Française, n°1144, 23 mars 1935 (détail)