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Titre(s)
Jacques Demy[Texte imprimé] : l'enchanteur / [directeur de la rédaction Frédéric Bonnaud ; rédactrice en chef Anne-Claire Norot ; rédacteurs Emily Barnette, Romain Blondeau, Michel Chion... et al.]
Description
1 vol. (98 p.) : ill. en coul. ; 30 cm
Note(s) générale(s)
Notice rédigée d'après la couv.
Note(s) spécifique(s)
Numéro de : "Les Inrockuptibles", Hors série Les Inrocks, 2013, n°60
Annexes
Bibliogr. p. 96. Discogr. p. 97-98
ISSN
2263-4932
Classification Dewey
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Résumé
"Son raffinement plastique, son audace tonitruante, sa drôlerie qui fuse jusque dans les plus profonds chagrins n’ont jamais cessé de capter des générations nouvelles de cinéphiles". "Peut-être que cette histoire est difficile à croire. Mais tant que dans le monde on aura des enfants, des mères et des mères-grand, on en gardera la mémoire.” La sentence est de Charles Perrault. Elle clôt le conte Peau d’âne, et Jacques Demy la fait c'entendre en voix off à l’issue de son film. Aujourd’hui, c’estl’ensemble du cinéma de Demy qu’elle pourrait embrasser. Peu de cinéastes en France se sont attachés à raconter des histoires aussi difficiles à croire. Quoi de plus invraisemblable qu’un homme qui tombe enceint ? Qu’une jeune fille embauchée comme fantassin dans la garde royale ? Qu’Orphée remplissant le Palais omnisports de Bercy ? Et quand les histoires paraissent plus vraisemblables, c’est leur énonciation qui semble impossible à avaler : des garagistes qui vocalisent en astiquant une auto, des CRS qui prennent une voix de ténor pour enjoindre les manifestants à se disperser… L’ambition déraisonnable de Jacques Demy a toujours consisté à rendre acceptable le difficile-à-croire, à faire jaillir la vérité des eaux tumultueuses de l’enchantement plutôt qu’au travers des digues de la conventionréaliste. C’est peu dire que cette histoire difficile à croire, notre présent en a gardé la mémoire. Le succès l’été dernier de la sortie en version numérisée de Lola, l’événement considérable que constitue ce printemps la rétrospective et l’exposition que lui consacre La Cinémathèque française, l’actualité éditoriale fournie qui en découle disent sans équivoque l’extraordinaire postérité du cinéma de Jacques Demy. Son raffinement plastique, son audace tonitruante, sa drôlerie qui fuse jusque dans les plus profonds chagrins n’ont jamais cessé de capter des générations nouvelles de cinéphiles. Le plus souvent – et c’est la grande spécificité de cette oeuvre – dès l’enfance. On sait que ce rêve de cinéma populaire et expérimental s’est heurté à bien des obstacles. Demy n’a rencontré un large succès public que sur trois films – Les Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort et Peau d’âne. Même Lola, qui a acquis très vite le statut de film culte, a essuyé un cinglant échec à sa sortie. Et durant toutes les années 1970, puis 1980, Demy n’a pas pu tourner aussi souvent qu’il le souhaitait, a renoncé à bien des projets, a dû faire face à l’affront d’insuccès répétés, y compris pour un de ses plus beaux films, Une chambre en ville. Maintenant que l’aura de ses films les plus plébiscités rejaillit sur les plus méconnus, que des merveilles comme La Baie des Anges ou Model Shop ont été extirpées du purgatoire, cette postérité a la saveur d’une injustice réparée, d’une revanche sur l’infortune. Longtemps aussi, le geste de ce cinéma a paru trop singulier pour que quiconque ne tente de le reproduire. Parfois, certains de ses contemporains de la Nouvelle Vague lui ont rendu hommage. Dans Une femme est une femme, Godard joue à recréer (en l’accommodant à sa sauce déconstructiviste : musique hachée, bruitage intermittent…) la scène de cabaret de Lola. Le Bonheur d’Agnès Varda évoque par endroits le colorisme des Parapluies de Cherbourg. Plus tard, Dominique Delouche, cinéaste mal connu, s’est essayé avec Divine (1975) au film musical en empruntant les codes de Demy et une de ses égéries, Danielle Darrieux. Des motifs circulent aussi entre le cinéma de Demy etcelui de Paul Vecchiali, échos qui culminent dans Once More (1987), drame musical sur l’agonie d’un malade du sida – qui joint de façon funèbre certains traits esthétiques du cinéaste aux conditions de sa disparition. Mais c’est surtout depuis une vingtaine d’années que les films de Jacques Demyinfusent largement le jeune cinéma français. Le premier signal a retenti avecune scène de L’âge des possibles de Pascale Ferran (1995), où une bande de vingtenaires se met à entonner dans une fête la chanson du Cake d’amour de Peau d’âne. Les mots en chanté de Demy créent tout à coup du lien, fédèrent une nouvelle génération pour qui ses films ont marqué l’éveil au cinéma. Depuis se sont multipliées les variations sur les grandes figures de son cinéma : Jeanne et le garçon formidable d’Olivier Ducastel et Jacques Martineau (et de façon plus discrète leurs films suivants), la stylisation et les numéros musicaux des films de François Ozon, ceux de Valérie Donzelli, oùse côtoient le prosaïque et la féerie… Dans Rois & Reine, Arnaud Desplechin glisse dans la bouche de la psychanalyste Deneuve une réplique desDemoiselles de Rochefort (“– Vous êtes jolie – Ah !, ça on me l’a dit souvent oui !”). Le cinéma de Christophe Honoré enfin, de 17 Fois Cécile Cassard (Cécile comme le vrai prénom de Lola, Cassard comme Roland Cassard) auxBien-Aimés en passant par Les Chansons d’amour (qui reprend les trois chapitres des Parapluies de Cherbourg), reformule le cinéma de Demy et prolonge son inspiration à la fois facétieuse et mélancolique.Plus le temps passe et plus le cinéma de Jacques Demy nous semble présent et indispensable. Par la grâce de tous ceux qui ont lutté pour le rendre accessible dans son intégralité (à commencer par sa famille et l’équipe de Ciné-Tamaris), par l’invention des cinéastes qui s’en sont emparés et lui ont inventé des occurrences nouvelles, par ce prosélytisme assez unique desadmirateurs de Demy à faire rayonner et à transmettre ses films, il sembledésormais acquis que, comme on le chante dans Peau d’âne, “ces amours resteront légendaires et vivront longtemps après la vie”. Jean-Marc Lalanne. (source : éditeur)
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Contenu
#1 Une vie. 08 Jacques Demy en images raconté par Agnès Varda. #2 Des films. 22 Les courts métrages (1944-1951). 23 Le Sabotier du Val de Loire (1956). 24 Le Bel Indifférent (1957). 25 Ars (1959). 26 Lola (1961). 28 Les Sept Péchés capitaux – La Luxure (1962). 29 La Baie des Anges (1963). 30 Les Parapluies de Cherbourg (1964). 32 Les Demoiselles de Rochefort (1967). 34 Model Shop (1969). 36 Peau d’âne (1970). 38 Le Joueur de flûte (1972). 40 L’événement le plus important depuis que l’homme a marché sur la Lune (1973). 42 Lady Oscar (1979). 43 La Naissance du jour (1980). 44 Une chambre en ville (1982). 46 Parking (1985). 48 Trois Places pour le 26 (1988). #3 Des gens. 52 La révélation Catherine Deneuve raconte Demy. 56 Le prolo incandescent Richard Berry à propos d’Une chambre en ville. 57 L’amoureux amer Témoignage de Marc Michel, inoubliable Roland Cassard. 58 L’accompagnateur Entretien avec le compositeur Michel Legrand. 64 Prince, peintre et poète Jacques Perrin : ses tournages avec Jacques Demy. 68 La femme libre Rencontre avec Anouk Aimée. 70 Enfant de la balle Entretien avec Rosalie Varda. 74 La Demy-soeur Françoise Fabian se souvient de Trois Places pour le 26. 75 Le combattant Gérard Vaugeois raconte la bataille critique autour d’Une chambre en ville. #4 Dico Demy. 78 Le monde de Demy en 20 mots-clés, de A comme Argent à T comme Tombe. 92 L’événement Demy L’actualité Jacques Demy : expositions, musique, livres. 98 Demy en musique.

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