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Il y a 120 ans : Marguerite Durand fondait La Fronde

Exposition

Bibliothèque Marguerite Durand

Date : 09/12/2017

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Affiche de Clémentine-Hélène Dufau pour le lancement de La Fronde, 1897 >> voir sur le catalogue

 

Le 9 décembre 1897, paraissait le premier numéro du journal La Fronde, un journal unique en son genre : entièrement dirigé, rédigé, administré et composé par des femmes, il fut quotidien pendant six ans, puis mensuel pendant un an et demi. Il reparut pour quelques numéros en 1914, puis, sous une autre forme, de 1926 à 1928

 

Pour commémorer cet événement, la bibliothèque Marguerite Durand présente du 9 au 31 décembre un ensemble de documents illustrant la naissance et la vie de ce journal : lettres autographes, photographies, affiches, menus…

 

 

Fondée par Marguerite Durand à la suite de sa "conversion" au féminisme lors du congrès international d'avril 1896, La Fronde fut rapidement surnommée "Le Temps en jupons", en raison de son sérieux. Telle était bien l'ambition de Marguerite Durand pour son journal: "être pris au sérieux, être compté, dès son début, parmi les journaux importants, parmi les grands journaux" (La Fronde, 15 décembre 1902). Elle veut imposer La Fronde dans le monde très masculin de la presse et le faire lire aussi par les hommes, car, dit-elle, ce sont eux qui font les lois.

 

La Fronde paraît au moment où la France est déchirée par l'affaire Dreyfus; selon certains le journal fut créé et subventionné pour servir la cause de Dreyfus, ce que Marguerite Durand niera toujours. Quoi qu'il en soit, le journal se rangea résolument du côté dreyfusard et fit activement campagne pour la défense du capitaine.

 

 

Dessin de Charles-Paul Renouard : Jeanne Brémontier, Séverine et Marguerite Durand préparant un article

pour La Fronde pendant le procès en révision du capitaine Dreyfus à Rennes en 1899 >> voir sur le catalogue

 

Le recrutement des rédactrices ne fut pas aisé, peu de femmes exerçant alors le journalisme de manière professionnelle, du fait des "convenances", familiales ou mondaines. Beaucoup de femmes débutèrent à La Fronde et y prouvèrent leurs compétences. Marguerite Durand dut aussi affronter bien des obstacles pour faire admettre ses collaboratrices dans tous les lieux alors fermés aux femmes.

 

 

Le cabinet de la secrétaire de rédaction, entourée de collaboratrices. Au mur, l’affiche de C.H. Dufau >> voir sur le catalogue

 

Journal féministe, La Fronde est tout particulièrement attachée aux questions relatives au travail des femmes - défendant le principe "à travail égal salaire égal" - et à celles qui touchent à l'éducation et l'enseignement; favorable à la coéducation, qui doit contribuer à l'égalité entre les sexes, La Fronde est résolument laïque et républicaine, voyant dans les institutrices le "fer de lance" du féminisme. La Fronde fait également campagne pour l'égalité des droits civils entre hommes et femmes, et plus "discrètement" pour la reconnaissance des droits politiques.

 

Mais c'est aussi un journal d'information générale, économique et politique, ainsi qu'un journal culturel, où littérature, comptes rendus de spectacles, rubrique sportive et cours de la Bourse trouvent leur place.

 

Le siège social de La Fronde est également un lieu de sociabilité, où l’on trouve un salon de thé, une salle d’escrime, une bibliothèque… A diverses occasions, La Fronde organise des banquets ou des soirées de concerts, où l’on vante l’élégance de Marguerite Durand et de ses collaboratrices.

 

 

Programme de la soirée du 9 décembre 1899, deuxième anniversaire du journal

et menu du banquet du 20 juillet 1898 offert pour sa fête à Marguerite Durand le 20 juillet 1898

 

Pendant la durée de l’exposition, on pourra exceptionnellement consulter l’original du premier volume de La Fronde, de décembre 1897 à juin 1898)

 

 


>> Consulter le journal La Fronde sur le catalogue


Bibliothèque Marguerite Durand (BMD)

79 rue Nationale
75013 Paris

DATES

Exposition du 9 au 31 décembre, du mardi au samedi, de 14h à 18h
PRIX

0 €

S'Y RENDRE

  • 14 : Olympiades (73m) 7 : Porte d'Ivry (691m)
  • 62 - 64 - 83 : Olympiades
  • T3 : Porte d'Ivry

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