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ARCHIVES JEAN GRUAULT, CHAPITRE 3 - La chambre verte

Scénario

Bibliothèque du Cinéma François Truffaut

Date : 20/01/2018

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La chambre verte. Scénario de Jean Gruault et François Truffaut d’après une nouvelle d’Henry James. Réalisation de François Truffaut (>>illustration) 

 

Couverture du carnet que Jean Gruault a utilisé pour  la première étape de son travail sur le film La Chambre verte : relever dans la nouvelle d’Henry James L'Autel des morts (The Altar of the Dead) les éléments qui serviront au film, et déjà un premier plan de scénario. L’écriture de chaque scénario du duo Truffaut-Gruault s’étale sur plusieurs années, avec de longues pauses car le réalisateur est très pris, il mène toujours plusieurs projets de front. « Dans un premier temps, Jean Gruault travaille davantage que moi et ensuite je ne relis pas le scénario et je n’y pense pas constamment. Il est là, dans un tiroir et je fais autre chose entre-temps. Plus tard, relisant mes notes, l’enthousiasme renaît, comme devant un scénario neuf. »(1) Ainsi à l’automne 1976, après plus d’un an et demi d’arrêt, l’écriture du projet, qui s’appelle désormais La fiancée disparue, est relancée par François Truffaut : il demande à Gruault d’introduire dans le récit les thèmes de deux autres nouvelles d’Henry James, La Bête dans la jungle et  Les Amis des amis.

 

 

Alors qu’avec d’autres scénaristes, comme Jean-Louis Richard ou Suzanne Schiffman, François Truffaut organise des séances de travail communes durant lesquelles ils partagent leurs idées, la coécriture prend une autre forme avec Jean Gruault. De Jules et Jim à La Chambre verte, les deux hommes se voient peu et travaillent en grande partie par correspondance. Truffaut est un homme de l’écrit, qui apprécie particulièrement les relations épistolaires. La discussion et l’écriture du scénario se font donc à tour de rôle et à distance par échanges de lettres, notes, ouvrages et versions de scénarios. Chez François Truffaut, le scénario n’est jamais achevé. Au printemps 1977, il le retravaille en compagnie de Suzanne Schiffman. Au mois d’août, il le remanie encore de manière importante, réécrivant des scènes entières, surtout des dialogues. Il aboutit ainsi à une troisième version, qu’il faut dactylographier. En octobre, quelques jours avant le tournage, il apporte d’ultimes retouches, toujours avec Suzanne Schiffman. Le film sort en salle le 5 avril 1978.

 

 

Trace de la complicité de François Truffaut avec son scénariste Jean Gruault : un « c’est logique, hein ? » pour commenter l’astuce scénaristique qui va faire comprendre au spectateur l’attirance de son personnage Julien Davenne pour Cécilia. Julien ne parle de sa fiancée morte qu’à l’héroïne (Cécilia), et cette exclusivité est quelque chose d’ « intime et personnel ».

 

 

« Non non non – Toute explication est décevante après tout ce mystère – ça fait presque Agatha Christie » : François Truffaut est un peu dur et ironique avec son scénariste Jean Gruault. Celui-ci explique dans une interview le côté exigeant du grand réalisateur : « Il choisissait celui de « ses » scénaristes auquel il confierait tel ou tel projet. Audiberti, dès qu’il l’avait rencontré, l’avait comparé à Bonaparte. Ce n’était pas mal vu. De fait, il nous traitait comme ses maréchaux. » (2)  

 

(1)  François Truffaut in MAILLET Dominique (propos recueillis par), François Truffaut, Cinématographe, n°15, octobre-novembre 1975, p. 2 à 9.

(2)  Jean Gruault in FRODON, Jean-Michel, Jean Gruault scénariste : « Truffaut n’a jamais fait de polars », Le Monde, 20 juin 2001.


>> Consulter tout le scénario de La chambre verte


Voir aussi :

 

Archives Jean Gruault, chapitre 1 - La Vie est un roman

Scénario de Jean Gruault. Réalisation Alain Resnais.

 

Archives Jean Gruault, chapitre 2 - Julien et Marguerite

Scénario de Jean Gruault. Commande de François Truffaut sur une idée de Suzanne Schiffman. Réalisation Valérie Donzelli