Options pour malvoyant
Mon compte
Réessayer
Recherche

Le vélocipède illustré

revue

Bibliothèque du Tourisme et des Voyages - Germaine Tillion

Date : 02/11/2018

image

Les premiers vélocipédistes, appelés aussi vélocemen, sont de jeunes gens, pour la plupart issus de la noblesse. Ils prennent l’habitude de se réunir le soir, près des cascades du bois de Boulogne, pour s’adonner à cette nouvelle pratique corporelle qu’est le vélo. L’exposition universelle de 1867 fait véritablement connaitre cette étrange machine, qui connait un succès grandissant. Pour apprivoiser l’engin, on s’y essaye en premier lieu dans des manèges vélocipédiques, puis dans des clubs.

 

C’est le 1er avril 1869 que parait le Vélocipède Illustré, le premier titre de presse consacré à la vélocipédie. La revue paraît sous le titre La Vitesse du 16 juillet au 27 août 1871, puis de nouveau sous le nom Vélocipède Illustré du 2 mai au 24 octobre 1872. Elle est dirigée par Richard Lesclide dit le Grand Jacqueset sa femme Juana Richard Lesclide  dit Jean de Champeaux. Celle-ci en est  le rédacteur en chef à partir de 1890, et en prend la direction à la mort de son mari en 1892.

 

 Cette revue arbore en première page une illustration de femme à vélo. Celle-ci est en tenue d’homme et déploie à bout de bras le drapeau du progrès. En effet, dans la France du Second Empire, le vélo est associé à un idéal de modernité. Les femmes des milieux aisés sont les premières à en faire la démonstration. Malignes, celles-ci ont tout de suite utilisé le vélocipède à pédale et à pneumatiques, dès son apparition en 1860. Elles ne sont jamais montées sur une draisienne (vélo sans pédale existant depuis 1817). Le vélocipède devient l’accessoire à la mode, symbole d’élégance et d’émancipation.

 

Le Vélocipède Illustré fût l’instigateur de la première course cycliste de ville à ville, de Paris à Rouen, le 7 novembre 1969. Le règlement stipule « Toute aide étrangère, tout emploi d’un moteur autre que la force humaine entraîne l’exclusion du concours. Il n’est pas permis d’emmener de chien avec soi ni de s’aider d’une voile quelconque ».

 

Les quatre pages grand format proposent de nombreuses informations et rubriques sur la vélocipédie sous toutes ses formes, tant les voyages que l’évolution technique de l’engin, laissant libre court à la créativité : « les deux cavaliers seraient placés naturellement dos à dos sur deux selles, de manière à gouverner chacun un côté de la monture, et à pouvoir en prendre alternativement la direction. » (Extrait du  n°36 du 16 septembre 1869).

 

L’extrait du feuilleton : Le Tour du Monde en Vélocipède nous montre bien que la pratique du vélo pouvait monter à la tête : « L’histoire de Gulliver me revint sans doute en mémoire : il me sembla que mon corps formait une vaste esplanade, sur laquelle des milliers de vélocemen prenaient leurs ébats, grouillant et remuant comme des myriades d’insectes. Ils se livraient à des courses de vitesse et d’obstacles, et se précipitaient de ma tête à mes pieds avec frénésie, piétinant sur leurs pédales et sillonnant de leurs roues microscopiques ma personne tout entière. » (Extrait du n°12 du 17 juin 1869).


>> Voir tous les exemplaires du Vélocipède illustré


Aperçu :