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Les pavés de bois parisiens

Photographie

Bibliothèque de l'Hôtel de Ville

Date : 19/01/2017

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À la fin du XIXe siècle, cinq revêtements de chaussée étaient utilisés à Paris : le macadam, l’asphalte, les pavés de pierre petits et gros et les pavés de bois.

 

Couramment employés à Londres depuis les années 1830, présentés à Paris par la compagnie anglaise Improved Wood Pavement Company, ces derniers furent adoptés dans la capitale en 1881. Après avoir pendant quelques années concédé par adjudication la fourniture, la pose et l’entretien de ses pavés de bois à l’Improved wood pavement Company (ou Société des pavages en bois), la Ville de Paris décida en 1886 de tenter un essai d'exécution en régie pour les chaussées du nouveau quartier Marbeuf.

 

Pour produire les pavés nécessaires, on aménagea en six mois dans un ancien dépôt de pavés de pierre situé à l’angle de la rue des Cévennes et du quai de Javel, une usine où l’on débitait les madriers de sapin, de pin ou de mélèze en parallélépipèdes de 22x8x12 cm et assurait la préparation (sciage, délignage…) et la réparation (ébarbage, recépage) des pavés municipaux.

 

Entrée de service de l'usine municipale de fabrication de pavés en bois, vers 1910 (Ph 1699).

 

Vivant au rythme saisonnier des coupes de bois et des programmes municipaux de travaux, cette usine permit à la Ville d’exécuter elle-même ses pavages en bois (les sociétés adjudicataires n’assurant plus que l’entretien des 450 000 mètres de voies dont elles furent concessionnaires jusqu’en 1906), en particulier grâce à la tronçonneuse de 17 lames mise au point par A. Josse, directeur de l’usine, qui sciait automatiquement un madrier en 16 pavés, permettant un débit d’environ 200 000 pièces par jour.

 

Chute d’une pile de billes dans l’entrepôt, 1909.

 

Chaîne de travail pour le débitage des pavés : élévateur à vide et scie de 17 lames, 1909.

 

Employés avenue des Champs Elysées, avenue Marigny, place Beauvau, rue de l’Elysée, place de l’Opéra, rue Royale, sur les grands boulevards… où les arroseuses municipales pouvaient circuler chaque jour aisément, les pavés de bois étaient relativement silencieux lors du passage des chevaux, mais peu hygiéniques et devenaient particulièrement glissants par temps de pluie. Ils ne résistèrent pas à la crue de 1910 qui en emporta des centaines de milliers.

 

Pavés de bois soulevés par l'inondation, rues Jacob et Bonaparte, janvier 1910.

 

A partir de 1905,  avec le développement de nouveaux moyens de circulation (automobiles et vélocipèdes), ils furent peu à peu remplacés par les asphaltes comprimés et les pavés de granit avant de disparaître dans les années 1950. Aujourd’hui, il en reste de rares exemples, notamment passage Saint-Maur, dans le 11e arrondissement.

 

Un album anonyme de 59 planches, conservé à la Bibliothèque de l’Hôtel de Ville (cote 82130) et entièrement numérisé, permet de retracer la fabrication de ces pavés parisiens. L’amateur trouvera également à la bibliothèque quelques publications en rapport avec ce sujet, comme le catalogue de la Millar’s Karri et Jarrah Company Limited de Londres (cote GB 20), fournisseur d’eucalyptus destiné au pavage des rues dans les pays du Commonwealth.

 

 

 

 

Consulter l’album en ligne :