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Le champ du repos - Le cimetière de Méry-sur-Oise

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Bibliothèque de l'Hôtel de Ville

Date : 02/11/2017

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Cimetière de Méry-sur-Oise : Monument funéraire destiné à l'inhumation des hommes illustres, Panthéon : coupe >> 

 

Les cimetières sont un des nombreux dossiers qu’a dû traiter Haussmann à son arrivée aux affaires. Il s’agissait d’un simple problème arithmétique dont les trois composantes étaient la population parisienne, son espérance de vie et la durée des inhumations.

 

En effet, le Prince Président, plus apte à lutter contre le paupérisme chez les morts que chez les vivants, imposait depuis 1848 de conserver 5 ans dans les fosses communes les morts indigents, et, depuis 1850, interdisait de superposer leurs cercueils sur 7 étages. Pour respecter sa volonté, il aurait fallu disposer de plus de 8 ha supplémentaires chaque année ! Même si l’administration parvint à diminuer ces prétentions à 3 ha, les cimetières seraient pleins en 5 ans.

 

 

Les projets de cimetières parisiens situés hors de la ville, continuation des cimetières intra-muros inutilisables,

n'étaient que des solutions d’attente avant la réalisation de la nécropole de Méry/Oise.

Emplacements des nouveaux cimetières : troisième rapport de l'inspecteur général, Directeur des Eaux et égouts,

à M. le Préfet de la Seine. Cote 1441 >>

 

L’annexion complique encore la tâche. Non seulement la population va augmenter, mais la loi du 23 prairial an XII interdit de pratiquer des inhumations dans l’enceinte de la ville. Or, les 3 cimetières parisiens, qui se trouvaient à Montmartre, Montrouge et Belleville, sont maintenant inclus dans Paris, et donc inutilisables.

 

Haussmann fait ses calculs : il lui faut disposer, hors de Paris, d’au moins 23 ha de cimetière par an, 700 ha pour des concessions de 30 ans, ou 1500 ha pour des concessions de 50 ans ! (Les mémoires du Baron Haussman sur le catalogue >>)

 

Dès 1863, il charge une commission de trouver des terrains. Devant plusieurs propositions, il penche pour l’Oise, et avant que les spéculateurs ne flairent la bonne affaire, achète 500 ha d’une terre ingrate mais « propre au rapide anéantissement des corps ». Seul problème : Méry-sur-Oise, est situé à 22 km de Paris.

 

 

Des trains-corbillards spéciaux sont conçus. Le transport des familles est gratuit. 

 

Sans perdre de temps, on conçoit le projet, on dresse des plans, on établit des devis : 3 gares seront construites à Paris, aux abords des cimetières existants où se dérouleront les cérémonies traditionnelles, puis les corps et leurs proches  prendront un train spécial jusqu’à Méry. Et pourquoi pas, puisque tout cela existe déjà en Angleterre où le cimetière de Woking, dit London Necropolis, se trouve à 42 kilomètres de Londres, tandis qu’une vingtaine d’autres sont situés à une quinzaine de kilomètres de la capitale ?

 

 

Une délégation se rend en voyage d'étude à Londres. La relative indifférence des Anglais au culte des morts

transparaît dans le rapport imprimé par… l’éditeur des horaires des chemins de fer.

Missions à Londres. Visite au cimetière de Woking >>

 

Mais les mœurs diffèrent des deux côtés de la Manche. Le culte des morts est modéré chez les Londoniens, tandis que les Parisiens vouent un culte à leurs cimetières-musées. Aussi ce projet de déportation des morts est-il fort mal reçu.

 

Le projet sera présenté, puis modifié, puis ressorti à plusieurs reprises. Après le départ d’Haussmann en 1870, ce sont Belgrand, puis Alphand qui reviendront à la charge. Une énième mouture sera enfin adoptée par le Préfet Hérold en 1874, qu’une pétition de l’archevêque de Paris,  rassemblant 15000 signatures, parviendra à faire ajourner. En 1879, le préfet Léon Say propose que Méry soit utilisé de manière facultative, au bon vouloir des inhumés.

 

En 1881, soit 17 ans après le projet d’Haussmann, la ville opte finalement  pour la création des grands cimetières de banlieue et conserve au cœur de la ville les cimetières contrevenants.

 

 

Une église, un panthéon sont prévus. Il s'agit de chasser l'image d'une évacuation purement technocratique de morts encombrants. 


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