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Cycle Musique et Nature : mémoires du lien à la terre, escale géopoétique

Animation

Médiathèque Musicale de Paris

Date : 05/11/2019

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CET ÉVÈNEMENT FAIT PARTIE DU PROGRAMME MUSIQUE ET NATURE À LA MÉDIATHÈQUE MUSICALE DE PARIS (MMP)
 
Le dépérissement des expressions classées sous la bannière « musiques traditionnelles » manifeste celui de notre lien à la Nature. Il signale la menace inouïe qui pèse aujourd’hui sur le vivant – avec les enjeux d’extinction que l’on ne saurait nier plus longtemps.
 

Imaginons une planète composée de milliers d’archipels musicaux. On y entendrait un camaïeu admirable : dans la plaine fécondée par le fleuve, le chant joyeux des laboureurs encourageant leurs buffles au printemps ; dans le delta où se disloque la terre, la poésie de sages bateliers remémorant la cartographie du dédale ; et tout à fait ailleurs, au milieu d’un empire de sable, le souffle du vent transportant le verbe d’hommes bleus qui célébreraient le divin…

 

Cette planète est encore un peu la nôtre. Elle continue d’abriter une poignée de bardes et poètes traditionnels que le typhon global malmène. Ces artisans du sens comptent parmi les derniers témoins du monde d’avant l’anthropocène. Leurs musiques, répertoires, gestes, instruments narrent la relation à la Terre et la dépendance au vivant, les cycles de l’existence, la pulsation collective et les normes sociales, les magies ordinaires, les cieux tutélaires, ou les portes ouvrant sur la guérison ou l’Invisible… Leurs récits, ne manquant pas de pragmatisme, sont à la source de l’imaginaire universel. Ils traduisent l’immense besoin de fabulation de notre espèce, ainsi que sa créativité sans limite.

 

Le dépérissement des expressions classées sous la bannière « musiques traditionnelles » manifeste celui de notre lien à la Nature. Il signale la menace inouïe qui pèse aujourd’hui sur le vivant – avec les enjeux d’extinction que l’on ne saurait nier plus longtemps. En perdant ce legs culturel immatériel, ayant franchement à voir avec notre identité de Terriens, nous perdons, et la carte du chemin retour vers nous-même, et la carte d’embarquement vers des lendemains « qui chantent ». À l’inverse, se relier à ces musiques, c’est convoquer les aïeux et accueillir l’Autre. C’est éveiller notre conscience à la profondeur du temps, parcourir notre histoire. C’est surtout revitaliser notre filiation à la planète, non sans honorer ses écosystèmes.

 

Cette prise de parole géopoétique se veut une invitation à redécouvrir la Terre et ses mondes à travers la musique. Elle sera ponctuée de captations de terrain, d’images et d’extraits de textes.


Edith Nicol trouve le parfait alibi pour s’évader de sa campagne natale le jour où elle tombe amoureuse des musiques d'ailleurs – de préférence celles qui s'épanouissent à 8000 kilomètres. Après des études de philosophie, elle mue en coordinatrice de projets culturels et artistiques. De Calcutta à Paris via Tokyo ou Fès, elle arpente, écoute, collecte, rencontre, raconte, invite... Elle a notamment fondé le collectif ECHO, spécialisé dans la contrebande de musiques indiennes. Elle pratique aujourd’hui la désobéissance civile tout en préparant sa désobéissance fertile. Les enjeux écologistes occupent l’essentiel de son temps.


Médiathèque musicale de Paris (MMP)

 

8 porte St Eustache
75001 Paris

 

 

DATES

Le mardi 5 novembre 2019
de 19h à 20h30

PRIX

0 €

S'Y RENDRE

  • 4 : Les Halles (36m) 4 : Étienne Marcel (276m)

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