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La vie élégante - 1

Revue

Bibliothèque Forney

Date : 08/05/2020

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Cette revue élitiste ambitionnait de s’intéresser : « à la chasse, au sport et à l’escrime, aux coupes inédites de vêtements, à la vie intime des contemporains célèbres, aux voyages, aux romans, en un mot à tout ce qui constitue le charme et le sel de la vie ».

Georges Decaux, son fondateur voulait en faire une revue susceptible d'intéresser les bibliophiles par ses sujets mondains et le luxe de sa présentation. Malgré la recherche de ce raffinement, la revue ne trouve pas son public et la publication prit fin au bout de deux ans.

 

La Vie élégante est une luxueuse revue à la vie brève, éditée de 1882 à 1883 par la Librairie Illustrée.

Cette maison d'édition fondée en 1871 Georges Decaux est une des figures de proue de l'édition populaire, militante et républicaine, spécialisée dans la littérature populaire et les périodiques illustrés.

 

Cependant, la publication La Vie élégante, sort des sentiers battus, s'adressant ouvertement à un public aisé. Dès le premier numéro, elle annonce en première page :

 

« Avec un titre semblable, il n'est guère besoin de programme ! Ces trois mots suffisent pour que le public d'élite auquel nous nous adressons devine ce que nous voulons faire »

 

 

"Public d'élite auquel nous nous adressons"

 

Son titre est d'ailleurs un clin d’œil au Traité de la vie élégante de Balzac, édité en 1830. Cette critique du monde distingue trois classes, créées par les mœurs modernes : l’homme qui travaille, l’homme qui pense et l’homme qui ne fait rien. Ces catégories correspondent respectivement à la vie occupée, à la vie d’artiste et à la vie élégante.

 

Ainsi pour Balzac, « La vie élégante est la perfection de la vie extérieure et matérielle, l'art de dépenser ses revenus en homme d'esprit, le développement de la grâce et du goût dans tout ce qui nous est propre et nous entoure... :  La vie élégante est donc essentiellement la science des manières » (Chapitre 1er, paragraphe 3).

 

La revue élitiste fait clairement référence aux écrits de Balzac et s'appuie sur ses définitions pour appuyer sa ligne éditoriale dès les premières pages :

 

« La toilette est l'expression de la société, non seulement la toilette, mais la façon même de vivre, élégamment s'entend. Balzac y voyait aussi, comme nous, une aspiration vers un idéal particulier et c'est ce qui lui faisait tracer cet axiome : « la Vie Élégante est la perfection de la vie extérieure et matérielle »
Perfection, c'est justement le mot et cette perfection ou si l'on veut, ce perfectionnement de la vie nous le voulons faire ressortir dans ces pages »

 

 

Ligne éditoriale du périodique

 

En prônant une vie élégante, « d'un homme qui ne fait rien », dépensant ses revenus en homme d'esprit, développant de la grâce et du goût, le mensuel s'adresse aux dandys.


Pour susciter l’intérêt de ces hommes d'art et de loisirs, élégants et raffinés, les articles portent sur la vénerie, les casinos, le grand prix de Paris, les salons des beaux-arts, l'opéra, la mode masculine...
Ces chroniques sont tenues par des auteurs confirmés ayant une carrière propre en parallèle, en tant que romanciers, librettistes ou directeurs de revues.


Gaspard de Cherville, qui collabora avec Alexandre Dumas, rédige des articles sur la chasse pour la Vie Élégante. Cet « érudit » de la nature est un spécialiste de la vénerie, des oiseaux migrateurs, de la vie à la campagne..., titre qu'il donna d'ailleurs à une publication de luxe qu'il dirigera deux ans auparavant.
Albert Robida, fondateur en 1880, de la revue La caricature, dans laquelle Caran d'Ache, Maurice Radiguet...firent leur début, est aussi connu pour ses romans d'anticipation dont le Vingtième siècle édité en 1883.


Il fait bénéficier les lecteurs de la Vie Élégante de son génie visionnaire en y publiant quelques extraits. Parmi les changements qu'il imaginait au 20ème siècle, certains se sont réalisés, comme les bébés éprouvettes, les maisons à 12 étages, les aéronefs-omnibus ancêtres du RER ou les visio-conférences...

 

  

Table de Casino à Monaco par Albert Robida

 

Albert Robida rédige également des articles sur des destinations ou événements mondains : Monaco et son casino, conçu par Charles Garnier en 1879, le carnaval de Nice qu'il décrit de façon truculente avec de nombreux dessins humoristiques, ou encore le Prater de Vienne.

 

Eugène Montoriser, critique d'art reconnu, écrit sur les peintres contemporains « de la vie élégante » : Jean Béraud, peintre de la vie parisienne de la belle époque ; Joseph de Nittis exposant 11 toiles à l'exposition universelle de 1878 ; Ernest Ange Duez, peintre de la vie quotidienne et membre fondateur de la nouvelle société nationale des beaux-arts ou encore Alexandre-Louis Leloir, spécialisé dans la peinture d'histoire et la scène de genre.

 

 

Dessin de M. Louis Leloir

 

Pour les portraits d'écrivains, Maurice Guillemot, homme de lettres, rencontre ses « contemporains » à leur domicile : Victor Cherbuliez, auteur pour la revue des deux mondes, Octave Feuillet, romancier, surnommé le « Musset des familles » .

 

Elsa Fromageau


Suite : La Vie élégante - 2