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Lettres de François Truffaut à Jean Gruault

Collection

Bibliothèque du Cinéma François Truffaut

Date : 06/05/2020

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François Truffaut et Jean Gruault sur le tournage de L’enfant sauvage en 1969 (D.P.)

 

Il est bien connu, depuis la parution en 1988 du livre de correspondance de François Truffaut, que ce cinéaste privilégiait les relations épistolaires avec ses nombreux amis et collaborateurs, pas uniquement pour des raisons professionnelles, mais aussi amicales ou amoureuses.

 

Il semble même qu’il préférait ce mode de communication afin de préserver une certaine distance avec ses correspondants les moins proches. Et, bien que cinéaste avant tout, c’était aussi un homme attaché à l’écrit, comme l’ont montré les publications parues de son vivant (Les films de ma vie, Le cinéma selon Alfred Hitchcock, etc…), tout comme la présence fréquente de livres dans ses films.

 

La bibliothèque du cinéma a noué pendant des années des relations privilégiées avec l’un de ses scénaristes : Jean Gruault.
Il nous a fait le grand honneur de nous léguer ses archives, dans lesquelles figurent notamment une série de lettres de Truffaut à Gruault datées de 1963 à 1983.

 

Certaines d’entre elles sont reprises dans le livre de correspondance, mais plusieurs sont inédites, particulièrement cette première longue lettre du 10 juin 1963 (en rapport notamment avec Jules et Jim), dans laquelle Gruault se fait littéralement réprimander par Truffaut, montrant qu’il n’était pas toujours le « gentil » cinéaste que l’on croit généralement. On perçoit d’ailleurs l’incompréhension de Gruault, dans un commentaire ajouté à la page 2 de cette lettre.

 

 

Voir aussi page 2 et page 3

 

À ce titre il faut aussi consulter les carnets préparatoires de Jean Gruault, qui montrent à quel point Truffaut était exigeant et tatillon, n’hésitant pas à raturer sévèrement le travail de son scénariste, sans prendre de gants.

 

 

Voir l'article : Archives Jean Gruault, chapitre 3 - La chambre verte

 

D’autres lettres plus tardives nous renseignent sur les préparatifs des scénarios de Les deux anglaises et le continent et L’histoire d’Adèle H., ainsi que sur des projets non tournés (Julien et Marguerite).

 

 

Plus loin, on y trouve aussi des réflexions en rapport avec La chambre verte (qui se nomme encore L’autel des morts comme la nouvelle d’Henry James)

 

 

Voir aussi page 2 et page 3

 

À ce titre, il est intéressant de noter que tous ces scénarios ont été commencés des années avant la réalisation effective des films.


Truffaut préférait en effet faire travailler en parallèle plusieurs scénaristes sur 3 ou 4 projets, pour ne pas risquer d’être à cours, dans le cas où il n’arriverait pas à monter l’un d’entre eux. Il s’exprime dans sa correspondance très nettement sur ce sujet, suite à la longue gestation de Fahrenheit 451.

 

Enfin, nous pouvons lire, dans la lettre du 26 mai 1983, des notes sur le projet 00/14 (devenu Belle époque et finalement tourné par Gavin Millar en 1995 pour la télévision) que Truffaut aurait probablement réalisé en 1984 si la mort ne l’avait pas emporté si tôt.

 

 

Notons que Jean Gruault a aussi légué à la bibliothèque une version très avancée de ce scénario.

 

Enfin, terminons sur de petites lettres manuscrites parfois amusantes qui montrent l’humour de Truffaut, qui écrivait toujours de façon très vivante : février 1976, juillet 1982 et mars 1983.